| Titre | Embodied Voice: Phenomenology and the Poietic Power of the Performing Arts (À titre temporaire) Ma recherche veut contribuer aux études sur une phénoménologie de la voix, ou la chair de la voix, au seuil entre la puissance poïétique des arts performatifs et la réflexion esthétique. |
| Auteur | Nuria WIRTH |
| Directeur /trice | Dr Emmanuel Alloa |
| Co-directeur(s) /trice(s) | |
| Résumé de la thèse | Ma recherche examine la voix comme un lieu privilégié pour articuler une relation phénoménologique entre la réflexion esthétique et la pratique artistique. Alors que l'esthétique philosophique a souvent abordé les œuvres d'art principalement comme des objets d'interprétation, les arts du spectacle mettent en avant une dimension plus originelle des phénomènes artistiques : leur émergence à travers des processus incarnés, affectifs et temporels. En examinant le rôle de la voix dans la poésie et dans les arts performatifs, cette contribution soutient que la phénoménologie offre des outils conceptuels pour comprendre le pouvoir poïétique à travers lequel les pratiques artistiques font naître du sens, tout en proposant une connaissance qui s'exprime au seuil entre l'intellection et ce que l'on pourrait nommer une "articulation affective".
Les arts du spectacle radicalisent le rôle du corps humain en tant qu'instrument technique et expressif. Leurs objets artistiques ne sont pas figés dans des formes durables, mais se déploient à travers l'articulation du corps, de la voix, de l'espace et du temps dans un champ expérientiel partagé. Dans ce contexte, la voix occupe une place particulière. Elle fonctionne non seulement comme vecteur de sens linguistique, mais aussi comme phénomène incarné qui articule le rythme, le ton, l'affect. Plutôt que de traiter la voix comme un simple vecteur de discours, il s'agit de l'aborder phénoménologiquement comme un mode d'apparition dans lequel le geste corporel et l'expression verbale deviennent indissociables.
Dans cette perspective, la voix peut être comprise à travers la notion de chair développée par Maurice Merleau-Ponty. Si le corps n'est pas simplement un objet dans le monde, mais un champ de sensibilité à travers lequel le monde se manifeste, la voix peut être abordée comme une « chair du langage » : une articulation sonore dans laquelle l'expérience affective et l'expression intelligible s'entremêlent. Pourtant, cet entrelacement reste marqué par une tension. Comme le suggère Emmanuel Alloa dans ses réflexions sur la résistance du sensible, la dimension sensible de l'expérience dépasse toujours sa saisie conceptuelle. La voix, précisément par son caractère vibratoire et éphémère, illustre cette résistance : elle véhicule du sens tout en échappant simultanément à une détermination sémantique complète. (Intuition encore à réviser, dans le sens de l'articulation).
En ce sens, la voix peut être comprise comme un phénomène seuil situé entre l'affection et l'intellect, entre le langage poétique et spéculatif. Les réflexions de Giorgio Agamben sur la voix humaine s'avèrent ici particulièrement éclairantes. Pour Agamben, la voix marque le passage entre le simple son et la parole articulée, ouvrant l'espace dans lequel le langage lui-même devient possible. Dans la performance artistique, ce seuil devient perceptible : la voix manifeste non seulement ce qui est dit, mais aussi le « d'où » et le « vers quoi » incarnés de son énoncé, c'est-à-dire sa situation dans un corps vivant et son orientation vers les autres.
Étant au début de ma recherche je suis encore en train de tâtonner et de définir la méthodologie. J'enverrai une proposition de participation orale avant la date d'échéance, pour aborder l'un des aspects ici brièvement évoqués.
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| Statut | au début |
| Délai administratif de soutenance de thèse | Publication prévue pour l'automne 2027 |
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| https://www.linkedin.com/in/nuria-manzur-wirth-6871812b/ | |