Information détaillée concernant le cours

[ Retour ]
Titre

Fonctions de l’analogie

Dates

12 mars 2020

Organisateur(s)

Prof. Carole Maigné, UNIL Prof. Tiziana Suarez-Nani, UNIFR M. Matthieu AMAT, UNIL

Intervenant(s)

Vincent Bontems, Chercheur associé CEA/Mines/ParisTech 6 doctorants: M. Máté HERNER, UNIFR M. François NOLLE, UNIGE M. Félix CALMON, UNIL M. Valentin BRAEKMANN, UNIFR M. Jamil ALIOUI, UNIL M. Guillaume KÖSTNER, UNIL

Description

L’analogie a parfois mauvaise réputation: ses «prodiges et vertiges» dispenseraient d’une pensée rigoureuse tout en séduisant les esprits mal prévenus . Ni opération logique rigoureuse – à moins de n’entendre par analogie que la simple homologie mathématique – ni susceptible de vérification empirique, l’analogie ne serait qu’une figure rhétorique, sans capacité explicative. L’épistémè moderne ne s’est-elle pas constituée en partie contre la pensée analogique, magique et anthropomorphique? Sous condition, on accordera bien à l’analogie une certaine légitimité: à défaut d’être une connaissance, l’analogie sera une pensée symbolique. On réinterprétera ainsi les diverses formes de l’analogia entis par où la métaphysique a tenté de penser l’équivocité de l’être et le rapport de Dieu au monde. Ces questions ont connu une vitalité nouvelle au XXe siècle et restent discutées dans la métaphysique la plus récente . À certaines conditions, on reconnaît même une vertu à l’analogie au sein de la production scientifique . À défaut d’expliquer quelque chose, de produire des énoncés porteurs d’une valeur de vérité, la pensée par analogie vaudrait comme puissance d’invention. Pierre Duhem en fait une «méthode» pour la construction des théories . À exclure dans les contextes de justification, l’analogie opérera dans des contextes de découverte. Que ce soit sous la forme de l’invention scientifique ou de la spéculation métaphysique, il apparaît que c’est toujours pour dépasser ou traverser des limites structurelles que l’analogie est mobilisée: pour tenter le transfert d’un modèle, pour rapporter des éléments à un «analogué» extérieur au champ, pour révéler des correspondances entre des domaines d’objet hétérogènes. Comment passer d’un domaine d’objectivité à un autre, comment faire circuler le sens, comment mettre en relation l’hétérogène, sinon par des opérations analogiques? Ce sont ces fonctions de transfert et de passage entre domaines de la philosophie, des sciences et plus largement de la culture que nous souhaiterions interroger. Ceci n’exclut pas, bien sûr, de considérer des usages disciplinaires circonscrits de l’analogie, en fonction des domaines de spécialité des intervenants, mais invite à porter une attention particulière au moment où l’opération analogique s’autorise la transgression d’une limite, à la manière dont elle le fait et à ce qui est gagné par là. Objet transdisciplinaire par nature et dont on trouve des usages (explicites ou cachés, plus ou moins conscients et thématisés) dans les domaines les plus variés de la philosophie, l’opération analogique nous paraît susceptible d’intéresser tous les doctorants en philosophie, quels que soient leur champ et leur méthode de recherche. La réflexion critique sur l’analogie, en raison de son caractère transversal, favorisera aussi l’acquisition de compétences transférables: formulation d’hypothèses, culture de l’imagination, inventivité symbolique, capacité à présenter des problèmes théoriques complexes à des non-initiés ou à communiquer dans des contextes complexes et hétérogènes.

Lieu

Lausanne

Information
Places

20

Délai d'inscription 12.03.2020
short-url short URL

short-url URL onepage